“Connaître son patrimoine c’est se donner les moyens de le sauvegarder”.
Chronologie des propriétaires de la maison Ponama :
- ? : Gertrude Dubourg
- 1829 : Marie Magdeleine Ericie Seimont épouse Dubourg
- 1857 : Alphonse Bédier
- 1862 : Albert de Villèle
- 1881 : Héritiers de Villèle
- 1902 : Frédéric de Villèle
- 1906 : Georgina Brugier veuve Domengé
- 1919 : Marcelle et Georges Brocard
- 1921 : Emmanuel de Villèle
- 1932 : Marin Rivière
- Mai 1970 : Héritiers Rivière
- Juin 1970 : Antoine Ponama
- 1993 : Maurice Ponama
Propriété de la famille Ponama depuis 1970, cette demeure singulière du centre ville de Saint-Denis ne manque pas d’attirer l’attention des passants par l’originalité de sa façade.
Le rez-de-chaussée de la maison date des années 1860, construite par Albert de Villèle. Dans un manuscrit conservé dans une collection privée, Villèle relate la construction donnant des détails sur le style choisi, qu’il souhaite le plus proche possible des chalets. Des cartes postales du début du XXe siècle montrent des vues partielles de cette première maison, sans nul doute d’une grande originalité pour l’époque. La demeure présente l’aspect d’un grand pavillon, avec toiture à quatre pans percée de lucarnes. Une varangue hors œuvre en« L » existe le long des côtés nord et ouest. Elle présente des piliers décorés de montants en bois découpé, reliés entre eux par un garde-corps en bois ajouré. A l’angle, la terrasse est en fait un édicule à étage contenant une chambre de petite dimension, dont la toiture est bordée d’un frise de lambrequins. Ce kiosque complexe disparaît dans les années 1930, remplacé par l’ouvrage actuel.
C’est dans cette première maison, dont la configuration est totalement différente de celle que nous connaissons, que vécut en exil, de mars 1897 à novembre 1898, la dernière reine de Madagascar : Ranavalo III.
Au début des années 1930, Marin Rivière, propriétaire du domaine sucrier de Grande-Terre à Saint-Leu, apporte des transformations radicales à la maison. Elle est agrandie sur les côtés et surélevée d’un étage, couvert d’une toiture à deux pans, formant une sorte de fronton flaqué de deux toitures en pavillon, avec épis de faîtage en bois tourné. Cette disposition rappelle la « maison Timol » au 32 rue de Paris, dont la façade orientale a été modifiée dans les années 1930. La façade de la « maison Ponama » évoque aussi, avec plus d’un demi-siècle d’écart, l’architecture de villégiature de la seconde moitié du XIXe siècle en Europe, comme par exemple celle qui s’est épanouie à Arcachon près de Bordeaux. L’importance des modèles venus d’Europe, et plus particulièrement de France, dans l’histoire de l’architecture réunionnaise ne doit pas être oubliée.
Sur la façade nord, des bas-lambris ornés de moulurations complexes, des lambrequins au dessin élégant, des impostes en bois découpé au-dessus des portes et fenêtres de la varangue fermée du rez-de-chaussée, créent un décor surchargé et unique aujourd’hui dans l’île. A l’intérieur, connu par des photographies, le grand salon possédait un plafond à caissons, décor rare à La Réunion et connu uniquement au Musée historique de Villèle.
Inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 29 mars 1996, la « maison Ponama » témoigne par son style d’une architecture créole parvenue à son apogée dans les premières années du XXe siècle. Quasiment intacte dans son organisation spatiale sur la parcelle, présentant encore sur ses façades latérales et arrière sa polychromie des années 1930, cette maison constitue l’un des repères majeurs de l’histoire de l’architecture créole réunionnaise.
Ci-dessus une image de la case Timol.
Ci dessus la case Ponama le 18 avril 2010.




voici un lien au sujet de la maison Ponama, bientôt je posterai la photo de la maison dans son état actuel!!!
http://www.mi-aime-a-ou.com/saint_denis_maison_ponama.php
C’est attristant de voir l’état de la maison Ponama en avril 2010 ; il est certain qu’elle mériterait un bon lifting, mais il est sûr que les propriétaires n’ont
pas toujours les moyens de le faire.
Ne serait-il pas possible que les propriétaires de tels joyaux soient aidés dans leur maintenance par les conseils des services d’architecture (par
exemple l’Architecte des Bâtiments de France-ABF) et que des aides financières leur soient apportées (sous forme de dégrèvements d’impôts par
exemple ?) car il y va de la beauté et de l’intérêt de notre ville pour ses habitants et pour les touristes. Si un lecteur est au courant, qu’il veuille bien
nous éclairer.
Je trouve également dommage qu’il n’y ait pas une plaque qui rappelle les hôtes qui ont marqué son histoire et la nôtre : séjour forcé de la reine
Ranavalo.
La remarque finale de “kréole deboute” est d’autant plus pertinente qu’une plaque a été apposée sur le portail de la demeure de Fontainebleau où la reine a séjourné en 1901, après avoir quitté la Réunion. La plaque porte l’inscription suivante : ” Ici séjourna en juin 1901 Ranavalo III dernière reine de Madagascar “. JCLegros.