Abandonnée depuis dix ans, taggée, squattée, portant des marques de dégradations et d’incendie, elle a quand même fière allure cette maison du 6 de la rue Sainte-Anne, au cœur de Saint-Denis.
Il s’agit, vous l’avez reconnue, de la maison Hugot dont l’architecture, aux influences multiples, est tout à fait originale. Elle en impose par ses dimensions : 25m par 25 soit 625 mètres carrés au sol, par les colonnes de ses immenses varangues ouvertes du rez-de chaussée et de l’étage, par son patio, par son implantation au milieu d’un vaste jardin. Tout cela lui a valu d’être qualifiée par le Service Départemental d’Architecture d’«élément remarquable de l’architecture du 20ème siècle. »
Après la disparition de ses anciens propriétaires la maison fut mise en vente et un promoteur qui zieutait le terrain se désista quand il apprit que le bâtiment se trouvait dans le périmètre protégé de l’église de l’Immaculée et qu’il ne pourrait bétonner à tour de bras. De nombreux projets virent le jour qui ne se concretisèrent pas et le prix de la propriété baissa considérablement ; elle finit par trouver acquéreur en 2001 pour la somme de 7 millions de francs.
Depuis lors commença le long déclin de la maison ; en 2006 cependant le propriétaire annonça à Alain Dupuis, journaliste au Jir (1) son intention de l’aménager en bureaux, mais nous voilà en 2010 et rien n’a bougé. Dans l’état où elle se trouve la maison pose au voisinage des problèmes d’insécurité et d’insalubrité, d’autant plus qu’à l’ouest de la maison se trouve un terrain à l’abandon où l’on pourrait sans problème nourrir un troupeau de cabris.
Affaire à suivre…
Bref historique de la maison Hugot :
En 1937 Mr Emile Hugot achète une vieille maison créole appartenant aux demoiselles d’Epinay.
Il imagine lui-même les plans de la maison et du jardin en s’inspirant en particulier du château Labourdonnais à Maurice. La guerre 39-45 retarde la réalisation du projet auquel l’architecte Pierre Fonterne, venu de Madagascar, apportera son concours. La maison sera construite par l’entrepreneur Charles Isautier.
Après le décès des époux Hugot, la maison sera vendue en 2001 pour 7 millions de francs. Elle est depuis en quasi-abandon.
(1) cf. article JIR du 17 Novembre 2006 :” Nouvelle vie pour la maison Hugot ?”



