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Archive for 6 août 2017


Au sud de Saint-Gilles-les-Bains un petit chemin sur la gauche mène vers la colline. C’est là que se trouve, non loin de quelques maisons modestes, l’héliport désaffecté…Le lieu a retrouvé le calme d’autrefois. Effacé le bruit des rotors, oubliée la circulation intense du littoral…  Derrière les filaos on devine  le bercement perpétuel de l’océan.

Le palmier-relais de Saint-Gilles

La seule chose qui frappe celui qui s’est garé sur la petite place est un arbre, un palmier qui a, ma foi, fort belle allure. On en deviendrait presque lyrique : on  se surprend à murmurer  les premiers vers du poème de Verlaine, admirable en sa simplicité :

« Le ciel est par dessus le toit,

Si bleu, si calme.

Un arbre par dessus le toit,

Berce sa palme.»

L’arbre semble défier le ciel. Il offre aux regards son tronc marqué des anneaux du temps qui passe ; son stipe arbore cependant une teinte brun-clair un peu trop uniforme. Au sommet, une couronne de palmes aux feuilles toutes identiques…trop identiques… se détache sur l’azur… C’en est fini de la rêverie ; on revient à soi et l’on se rend compte que ce palmier est bizarrement entouré à sa base d’un quadrilatère de fer comme l’on en trouve parfois autour des statues des grands hommes auxquels la patrie reconnaissante élève un monument…

A regarder de plus près on constate que ce que l’on prenait pour une création de la nature est en fait une manifestation du « génie » humain, une réalisation culturelle, une « œuvre d’art » : c’est l’homme qui l’a conçue et façonnée d’acier et de… plastique… J’entends d’ici des gloussements qui sont absolument hors de propos !

Ce palmier  n’est pas un  arbre ordinaire, c’est une représentation d’arbre, un arbre fictif sans doute, mais sa plantation n’offre que des avantages : une fois dressé, il ne réclame guère d’entretien : Point n’est besoin de ramasser ses palmes tombées, les oiseaux-bélier ne peuvent effilocher ses feuilles pour construire leurs nids, les carias se casseraient les dents à vouloir le ronger, les cyclones n’ont guère de prise sur son tronc « armé »…

Avec le seul souci de l’ésthétique…

Certains pourraient regretter qu’il ne porte guère de fruits. Sans doute. Par contre il intègre en sa couronne – j’oubliais de vous le dire – les antennes relais d’une marque bien connue de téléphonie. Ceci ayant pour objectif, nous dit la publicité, «  la réduction de la perception visuelle des équipements de téléphonie mobile. L’intégration paysagère permet de préserver les magnifiques panoramas de notre île grâce à des installations en harmonie totale avec le voisinage ». Voilà qui est admirablement dit. N’est-ce pas ?

Nous nous devons donc de rendre hommage à cette compagnie qui contribue de manière si désintéressée au respect de la beauté de notre île.

Il est certes des mauvais coucheurs, des pisse-vinaigre, des critiques professionnels qui poseraient encore des questions insidieuses, tendancieuses, indiscrètes du genre : combien ces antennes rapportent-elles chaque année à la compagnie en question ?… Fi, les vilains !… Le seul souci des créateurs de ces palmiers d’une espèce nouvelle est de contribuer à l’esthétique de nos paysages. Tenez le vous pour dit !

Robert GAUVIN

enraciné dans la lave du volcan (Cliché de F.L. Athénas)

Post-Scriptum :

Voici encore des questions de mécréants que nous ne mentionnons que pour les balayer d’un revers de main méprisant :

1)   Ces palmiers sont-ils à leur place, bien en évidence au bord de la mer, dans un sol de lave sur lequel ne pousse qu’une maigre savane jaunie par le soleil ?

2)   A-t-on la garantie que les ondes ainsi transportées n’ont pas de répercussions néfastes sur la santé des hommes ? Pourquoi, dans le cas de l’antenne installée près de l’héliport de Saint-Gilles, l’a-t-on  implantée près d’habitations de gens modestes ? Serait-ce parce qu’ils n’ont pas les moyens de se défendre ?

 

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