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Posts Tagged ‘st denis’


Depuis quelques temps fleurissent les blogs qui s’intéressent de près  aux constructions de Saint-Denis,  et en particulier à leurs lointains rapports avec la légalité ; en voici trois  avec leurs coordonnées : dpr974.wordpress.com , http://corruption97400.eklablog.com et http://lenimportequoireunion.over-blog.com . A côté de ceux-là qui commencent à s’organiser, il existe quantité de gens modestes qui ont sujet de se plaindre mais ne disposent  pas toujours des moyens de se faire entendre.… Mais que  l’on soit organisé ou non, les cas litigieux  auquel on a à faire face sont si nombreux qu’il y a risque d’engorgement du Tribunal Administratif.

Hôtel de Ville de St Denis.

Ceux qui ont affaire à un litige en matière de construction dans notre belle ville de Saint-Denis doivent emprunter  le véritable chemin de croix que voici : supposons qu’un jour sorte de terre, à côté de votre maison, une construction sans affichage ou avec un affichage de fantaisie : Que faites–vous alors ? En tant que citoyen  respectueux des lois  vous avez la possibilité de vous rendre aux Services d’Urbanisme de votre ville pour en avoir le cœur net ; là des fonctionnaires sympathiques et compétents sont à votre disposition. Ils vous expliqueront, fort civilement, que la non-observation des règles de l’affichage du permis de construire est sans doute inadmissible, mais que la Commune ne peut mettre un policier derrière chaque citoyen, ce dont vous conviendrez aisément !

Il se peut parfois que les permis de construire accordés ne respectent pas tout à fait ou pas du tout la législation dans le domaine de la construction      ( Non respect de la hauteur des bâtiments, absence d’assainissement aux normes, distance par rapport aux voisins ne respectant pas les règlements, ouvertures intempestives sur la propriété d’autrui… etc…etc…) Des questions vous taraudent alors l’esprit : les Services de l’Urbanisme ne devraient-ils pas refuser le permis de construire à des demandes non conformes ? Ces employés ne seraient-ils pas aussi compétents et intransigeants que vous l’aviez cru au départ ?… L’employé  en face de vous s’efforce illico de vous apaiser en vous donnant l’assurance  que M.X, le promoteur avec lequel vous avez maille à partir, est une personne sensée, raisonnable, avec laquelle il est toujours possible de discuter…
Comme vous n’avez guère envie de rencontrer le promoteur, vous prenez contact avec le responsable de l’urbanisme pour Saint-Denis, M. Espéret ou avec le Maire soi-même…qui vous écoutera avec sympathie, vous manifestera de l’intérêt pour votre cause, montrera son incompréhension devant pareille situation anormale et vous promettra, la main sur le cœur, d’étudier le dossier ; ce qui prendra un certain temps  et ne débouchera sur rien, sinon que les travaux déjà engagés avanceront au pas de charge.

De guerre lasse vous vous adressez alors à un avocat qui prend l’affaire en mains : grâce à lui, vous pourrez éventuellement obtenir un référé-suspension qui bloquera les travaux un certain temps ; vous pourrez même – Hommage soit rendu à la justice ! –  avoir gain de cause et faire annuler le permis de construire délictueux… Dans ce cas, ne triomphez pas trop vite ! Les zélés Services d’Urbanisme de la ville de Saint-Denis se feront un devoir et même un plaisir d’accorder au promoteur, pour la même construction, autant de permis initiaux nécessaires ou de permis modificatifs qu’il faudra pour le couvrir et lui permettre de mener son projet douteux à bonne fin : dans un cas de notre connaissance, à la rue Juliette Dodu, le promoteur a déjà obtenu, pour la même construction, deux permis initiaux et deux permis modificatifs ; le dernier modificatif chargé de modifier, corriger, amender, enjoliver  l’avant-dernier. On en viendrait à croire que les Services d’Urbanisme sont au seul service du promoteur ! (1)

J’en étais là de mes réflexions quand un ami de longue date, auquel je racontais toutes mes péripéties, fut pris d’un fou-rire, un fou-rire inextinguible, un de ces rires qui peuvent faire craindre l’apoplexie pour celui qui en est atteint… Il lui fallut un certain temps avant de s’apaiser, de retrouver son rythme cardiaque normal, de reprendre respiration et de me dire : «  Faut-il que tu sois naïf pour imaginer que les employés de l’urbanisme puissent seuls être de mèche avec les promoteurs ! Crois-tu que c’est à leur niveau que les choses se décident ? Mon pauvre ami, ils ne font qu’appliquer les consignes qui leur viennent d’en-haut ! »

Il alla même jusqu’à dire qu’élus responsables et promoteurs se tenaient par la barbichette, qu’ils s’entendaient comme larrons en foire, que les promoteurs avaient bien évidemment des arguments auxquels on pouvait difficilement résister.

Ce manque de confiance en nos élus, en leur impartialité, en leur droiture me choqua plus que je ne saurais le dire et  je répondis au mécréant que j’avais ( provisoirement encore ! ) pour ami que, de toute façon, si un élu – et quelle que fût son appartenance politique – ne restait pas dans le droit chemin, j’étais sûr que la promesse solennelle du nouveau Président de la République de faire en sorte que la justice et l’honnêteté règnent dans le beau Royaume de France jusques et y compris dans ses îles éparses et périphériques, serait sous peu devenue réalité.

Cette fois-ci mon ami se contenta d’un sourire qui en disait long, un sourire navré, hésitant entre ironie et pitié à mon égard et ajouta ces seuls mots : Qui vivra verra !

Robert Gauvin

 

1)    Ce serait une erreur de débutant de croire que les Services de l’Urbanisme seraient au seul service du promoteur. En fait Mairie et promoteur ont partie liée : le promoteur est coupable de proposer un projet comportant des illégalités, mais la Mairie l’est bien davantage qui accorde le permis de construire à une telle demande … Quand un permis est attaqué par un citoyen, c’est la Mairie qui,  en définitive, est mise en cause car elle doit rendre des comptes pour avoir accordé un permis de construire entaché de nullité…

 Il arrive même qu’elle soit condamnée, doive payer des frais à la partie adverse. Mais, Dieu soit loué, ni le maire ni l’élu à l’urbanisme n’y sont de leur poche ! l’amende est prise sur les fonds de la Commune, c’est à dire sur les impôts communaux que vous et moi, honnêtes citoyens avons payés.

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Grigori Alexandrovitch Potemkine qui fut prince et ministre, fut également l’amant de l’impératrice Catherine II de toutes les Russies. Grand bâtisseur il est à l’origine de nombreuses villes dont Sébastopol…Un jour, désireux de faire visiter à sa majesté les provinces nouvellement conquises il fit construire le long de la route des villages factices pour ne pas chagriner les beaux yeux de sa bien-aimée par le spectacle de la misère.

Histoire ou légende ?

Qu’importe ! Mais il semble que sous nos cieux également existent  des héritiers spirituels de Potemkine, des décideurs pour qui en matière d’architecture l’important est le décor, le faux semblant …

Parcourez les rues de notre chef-lieu et ouvrez l’œil : Que fait on en effet dans la zone patrimoniale censée être protégée et où se trouvent nombre de constructions à intérêt architectural ou à grand intérêt architectural ?

1)On laisse disparaître les cases créoles que l’on devrait reconstruire à l’identique,

2)A la place d’une case de 200m carrés  on monte une petite case de 90 m,

3) En avançant cette petite case vers la rue on supprime l’essentiel du jardin,

4) Derrière cette pseudo-case créole qui n’a rien de commun avec l’ancienne on permet aux promoteurs qui sont les principaux bénéficiaires de l’opération, de construire des immeubles qui défigurent le quartier.

Et le tour est joué : c’est ainsi qu’on enterre l’histoire et le patrimoine architectural de notre île !

N.B. Les responsables avancent l’argument selon lequel il est nécessaire de construire davantage pour une population qui augmente ; assurément, il faut le faire, mais il convient de respecter les règles du PLU (plan local d’urbanisme) que les responsables ont eux-mêmes définies : il y a des zones à protéger étant donné leur intérêt  historique et architectural, et d’autres où l’on peut, où l’on doit construire pour répondre aux besoins de la population.

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Monsieur Espéret se veut, en tant qu’élu délégué à l’urbanisme de la ville de Saint-Denis,  à l’écoute des Dionysiens et intervient très souvent sur ce site (cf zinfos974). Fort bien !

Il affirme, concernant la maison de Palmas que celle-ci « va renaître, construite à l’identique (sauf pour le confort moderne à l’intérieur) ». Dont acte !

Mais…D’après les renseignements que j’ai pu obtenir

–       La case de Palmas faisait 220 mètres carrés au sol, la construction projetée en fera 90,

–       La toiture de la maison de Palmas était à la Mansart, avec huit pentes, la nouvelle n’en aura que quatre,

–       La construction neuve comportera des pièces sous le toit et des chiens assis, contrairement à la maison de Palmas,

–       La maison de Palmas avait une varangue fermée originale dans sa conception, la nouvelle varangue sera ouverte,

–       La maison de Palmas avait un grand et beau jardin, le nouveau jardin aura rétréci des deux tiers.

Je n’ose imaginer que Mr Espéret, professeur de français, ignore le sens du mot « identique ». Il reste alors une alternative : Ou bien Mr Espéret, délégué à l’urbanisme de Saint-Denis signe les permis de construire sans les lire et dit n’importe quoi, ce qui dénote une légèreté coupable ou bien il dit sciemment des contre-vérités.

Alors, incompétent ou menteur ?

J’entends d’ici les mauvaises langues qui prétendent que ce n’est pas incompatible.

Signé : Zapata.

Pour information voici le lien direct de l’article de zinfos974.

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Ici, rue Général de Gaulle, se dressait autrefois une case créole. Elle a été détruite pour laisser  la place à un immeuble qui ne fera pas forcément date dans l’histoire de l’architecture.

Par contre, pour faire semblant, pour faire comme si, on a cru habile de bâtir au premier plan une sorte d’avancée créolisante qui ne sert strictement à rien : l’entrée de l’immeuble se faisant par une allée sur la gauche.

Maintenant le résultat est là : un édicule sale, vermoulu, dont les ouvertures sont condamnées par des plaques de tôle, sans doute pour éviter les intrusions.

C’est une verrue, un « boubou », dont on devrait, de toute urgence, opérer la rue Général de Gaulle.

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Rue Félix Guyon à Saint-Denis, coincée entre l’arrêt de bus Rieul et un transformateur électrique, au pied d’un tamarinier géant, une plaque de marbre tout écornée…Devant elle deux « repose-cul », destinés, on le suppose, aux derrières des passants fatigués qui lui tournent ainsi le bas du dos. Et sur la plaque de marbre, tachée, souillée de graffiti, à peine lisible un éloge de Joseph Bédier…

Joseph Bédier ? Kisa sa ?

Il suffirait d’interroger les passants pour se rendre compte de l’indifférence, de l’ignorance dans laquelle sont tenus nos grands hommes. Ah, s’il s’agissait d’un footballeur à millions d’euros ou d’une jeune pousse de la nouvelle star il n’en serait pas de même! Mais qui se souvient de Joseph Bédier ? De ce Réunionnais qui fut agrégé de Lettres à vingt-deux ans, parlait plusieurs langues étrangères, fut professeur à l’Ecole Normale Supérieure et au Collège de France, fut un spécialiste de la littérature du moyen âge, mondialement connu et reconnu qui fut élu membre de l’Académie Française en 1920.

Joseph Bédier est assurément un homme dont Dionysiens et Réunionnais peuvent être fiers à plus d’un titre et qui avait pour ses compatriotes et son île natale un sentiment très profond ; ainsi lorsqu’il devint académicien il envoya une carte à ses professeurs et amis du Lycée Leconte de Lisle avec une citation du poète latin Virgile : « Caelum non animum mutant qui trans mare currunt (Si mes souvenirs de latin ne sont pas trop fanés)… qu’il traduisit en créole réunionnais de la manière suivante :   « Lérk i desote la mer, le sièl i shanj, mé le Kër i shanj pa ! »

Procurez vous de toute urgence le « Tristan et Iseut » tel qu’il a été reconstitué et magnifiquement traduit par Joseph Bédier et vous verrez qu’il s’agit d’un poète authentique ; jugez-en plutôt par ces quelques lignes d’introduction :

« Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau conte d’amour et de mort ? C’est de Tristan et d’Iseut la reine. Ecoutez comment à grand’joie, à grand deuil ils s’aimèrent puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui… » Comme des millions de lecteurs de par le monde je suis sûr que vous tomberez sous le charme de son philtre d’amour !

Mais j’y songe, le grand tamarinier ne se trouve-t-il pas dans la cour du Crédit agricole, juste à côté? Et si l’Etablissement en question dressait cette plaque rénovée à l’intérieur de la grille, à l’abri des tagueurs, ne serait-ce pas un beau geste de mécénat littéraire en même temps qu’un beau coup publicitaire?

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Combien de fois, enfant, puis lycéen et plus tard adulte, suis-je passé devant la maison De Palmas dans la rue Juliette Dodu, face à la Cour d’Appel de Saint-Denis ? Malgré les années qui se sont amoncelées des images resurgissent à ma mémoire ; l’impression est toujours aussi vivace ; En quelques flashes je revois une vaste demeure créole toute blanche où vit une famille et sa trâlée d’enfants…

Fermons les yeux pour mieux voir : une façade particulièrement soignée avec une varangue fermée en encorbellement à pans coupés. Dans la parties supérieure de la varangue, pour permettre la circulation de l’air, de belles impostes en bois ouvragé en forme de végétaux stylisés… une toiture à huit pans, à la Mansart, exceptionnelle à La Réunion, contribue au charme de la construction. La maison s’ouvre sur un grand jardin fleuri avec parterres à la créole, comme il n’y en a plus guère aujourd’hui dans notre ville, et cela aussi fait partie du patrimoine. En bordure de rue une grille qui ne cache rien, mais bien au contraire encadre l’ensemble, le révèle, l’offre à la vue des passants: une grille d’apparat qui met en valeur le caractère élégant, majestueux de l’habitation. L’ensemble est si impressionnant et en même temps si harmonieux qu’on ralentit le pas pour profiter plus longtemps du plaisir des yeux, qu’on ne pense plus un instant aux gâteaux, aux feuilletés et aux chemins de fer de la pâtisserie du coin. On s’arrêterait tout à fait si l’on ne craignait de passer pour un fouineur malfondé(1).

Un jour malheureusement la maison change de propriétaires ; l’indifférence, voire le vandalisme font leur œuvre ; la maison est ouverte aux quatre vents, exposée au soleil, à la pluie, aux cyclones, aux squatters, mais elle fait encore de la résistance, jusqu’au jour où on l’abat et on la dépèce…Un pan de notre histoire, de notre architecture s’en va définitivement… C’était compter sans un ABF, Architecte des Bâtiments de France, Mr Augeard je crois, qui connaît la maison, a estimé tout son intérêt historique et architectural, qui la fait figurer sur la carte des éléments du paysage du PLU (Plan local d’Urbanisme établi par l’Architecte des Bâtiments de France et voté par le conseil municipal et qui a aujourd’hui encore force de loi pour la construction à Saint-Denis). La maison De Palmas y est répertoriée « comme  bâtiment patrimonial démoli devant être reconstruit ». Hourra, cette partie du patrimoine est sauvée !
Las les temps changent et l’état d’esprit des hommes. Aujourd’hui, avec la bénédiction d’un autre ABF et l’approbation empressée du responsable de l’urbanisme de Saint-Denis une opération immobilière juteuse est lancée : on décide de faire semblant de respecter le patrimoine en construisant une mini case pseudo-créole qui n’a rien à voir avec la maison de Palmas( les dimensions, l’emplacement, le style, tout a changé ; le vaste jardin réduit à l’état de peau de chagrin) et qui sert de prétexte, de leurre, de faux-nez, de trompe-l’oeil à une construction d’immeubles à l’arrière plan qui dominent de leur masse des maisons de tout un quartier possédant un caractère architectural certain.

Dionysiens, supporterons nous encore longtemps de voir notre histoire et notre patrimoine architectural ainsi rayés de la carte par des promoteurs et des responsables qui ne sont » pas là èk sa ? »

Robert Gauvin.
Ancien Président du Conseil de la Culture, de l’Education et de l’Environnement.

(1)Un malfondé : quelqu’un qui est mal intentionné (Cf. Daniel Honoré, in « Dictionnaire d’expressions créoles »)

Ci-dessous la maison De Palmas, laissée à l’abandon avant qu’on ne la détruise.

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Afficher Patrimoine 974 sur une carte plus grande

Notre exploration de St Denis pour nous rendre compte de ce que sont devenues les cases créoles présentant un intérêt patrimonial a été enrichie le 30 Mai 2010.

DPR974

Légende:

En violet, les bâtiments patrimoniaux démolis devant être reconstruits.

En jaune, les maisons d’intérêt architectural ou de grand intérêt architectural qui ont connu des sorts divers (abandon, reconstruction à l’identique, plus souvent remplacement par des immeubles pseudo-créoles.)

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